La mort de la mère réveille celle du père : le deuil n’est pas accompli, l’héritage me plonge dans les origines.
Inventaire, classement, correspondance, peinture… que faire de ces traces de vie, de ces témoignages du passé ? Que répondre aux «autres», parents, amis, collectionneurs inconnus de FRAGGI sur le sort de cette peinture ?
Tous attendent une remise en lumière !
Elle m’incombe.
Je tente de racheter quelques toiles…impossible : on ne se sépare pas d’un Fraggi : jamais les brocanteurs, les salles de vente, les antiquaires n’en voient passer.
Au delà de ce père aimant, pédagogue, soucieux de nous ouvrir au monde, de cet homme chaleureux, gai et spirituel, du peintre… je découvre peu à peu un homme profond, en proie au doute, modeste, si peu préoccupé de son image, de sa carrière que j’ai le plus grand mal à rassembler les éléments du puzzle.
«Petit Raymond» est beaucoup plus grand qu’il ne s’attachait à nous le laisser croire: «on ne se fait pas valoir» répétait-il.
Je lui dois de le faire re-connaître. De rendre à Marseille, à Phocée la Grecque, ce citoyen des pourtours de la Méditerranée, de plus loin encore…
J'ai à le confronter car une œuvre n’existe que sous le regard des autres.
Et depuis le XIXième siècle, des œuvres, ma famille en aura données à Marseille : les sculptures des façades de la rue impériale Rue de la République de mon arrière grand-père Auguste et son fils Alphonse ROYAN, la musique des cousins paternels Hector FRAGGI et Mythil FRAGGI, la voix de CHANTERELLE, la peinture de Raymond FRAGGI, mon père.
Elisabeth FRAGGI - Me contacter par email
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